HISTOIRELa première mention des ancêtres du Shire semble avoir été faite il y a bientôt 2000 ans dans la "Guerre des Gaules", par nul autre que Jules César, qui y faisait référence à des grands chevaux noirs présents dans le nord de l'Angleterre, et que les romains baptisèrent ensuite " Equus Magnus".


Au Moyen Âge, la première fonction du "Great Horse" fut d'abord militaire, d'où sont appellation alors de "war horse". Sa puissante conformation le désignait tout naturellement pour porter les chevaliers et leurs énormes armures sur les champs de bataille où la chevalerie constituait alors le corps d'élite des armées. Les anglais l'ayant appris à leurs dépens lors de la désastreuse bataille de Hastings en 1066 (à l'issue de laquelle Guillaume le Conquérant s'empara de la couronne d'Angleterre), ils décidèrent d'améliorer la grandeur, la puissance, la vaillance et l'habileté de leurs preux destriers en les croisant avec des chevaux flamands et hollandais.

Tout au long de la Renaissance et jusque vers la fin du XVIe siècle, la race du "Great Horse" fut ensuite protégée de tout croisement qui pouvait lui être défavorable, et la taille de ses sujets fut ainsi préservée. Vers la fin du XVIe siècle, l'avènement de l'artillerie bouleversera la carrière militaire de ces chevaux qui devinrent chevaux de trait, tant aux champs que sur les routes peu carrossables de l'époque, où ils servirent à tirer chariots et diligences. La première moitié du XVIIe siècle constitue le point tournant de l'évolution des ancêtres du Shire lorsque les hollandais commencèrent à défricher et à drainer les "Fens", région marécageuse de l'est de l'Angleterre. Ils importèrent dans ce but des chevaux de Flandre, lourds sujets aux mouvements lents, aux larges sabots , élevés sur des terrains humides semblables à ceux des Fens, et aussi noirs que le cheval des Frises (Frison). Ces chevaux demeurèrent ensuite dans cette région et il est aujourd'hui admis qu'ils représentèrent dès lors la principale souche de fondation de la race Shire. On cessa également à cette époque de parler du "Great Horse" qui devint dès lors le "Old English Black".

Dès la fin de la deuxième guerre mondiale, la race Shire connut un grave déclin, l'agriculture et l'industrie (grâce au moteur à explosion et au tacteur) n'ayant plus besoin de leur force tranquille. Elle fut même menacée d'extinction dans les années 1950-1960. C'est en grande partie aux brasseurs anglais que la race doit sa survie. En effet, les brasseries continuent aujourd'hui pour le prestige à livrer leurs bières en charrettes à cheval. De plus, les efforts conjugés des éleveurs, des brasseurs, de la Couronne Royale et du public ont permis à cette race de trouver un second souffle. Le "Grand Concours" annuel du cheval de trait à Londres ainsi que le "Shire Horse Show" de Peterborough en Angleterre attirent chaque année de plus en plus de spectacteurs venus admirer des centaines de concurrents.
MORPHOLOGIELa conformation, l'élégance et le bon tempérament du Shire en font un merveilleux cheval de trait, mais aussi un cheval d'apparat par excellence. Un bon étalon de cette race doit toiser au moins 1.65 m au garrot et peser de 900 kg à 1100 kg, sans être trop gras. La tête doit être masculine et le cheval doit avoir une bonne encolure avec des épaules obliques, pas trop étroites. Ces épaules doivent être liées avec le dos qui doit être court et bien couplé avec le rien. La queue doit être bien droite et bien portée. Le tronc doit être conforme avec les côtes rondes qui donnent du "coffre". Un étalon doit avoir de bons pieds et de bonnes articulations. Les pieds sont évasés et larges, les paturons assez longs. En mouvement, l'étalon doit marcher avec force en utilisant les genoux et les jarrets, qui eux doivent presque se toucher. Un bon étalon doit également poséder un excellent caractère.

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